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Les déportés d’ INDOCHINE ou quand seule l’Europe fête le 8 mai 1945

Les déportés d’ INDOCHINE ou quand seule l’Europe fête le 8 mai 1945

Yuuki K 14:54 - 10 mai 2016

Alors qu’en France, nous venons de commémorer les 71 ans de la fin de la Seconde guerre mondiale en Europe, le 8 mai 1945 n’est pas une date heureuse pour certains français en Indochine. L’occasion pour nous de vous parler d’un pan méconnu de l’Histoire.

Ce n’est un secret pour personne, tandis que la France était en guerre, elle demeurait néanmoins un Empire colonial qui avait colonisé des territoires en Asie : l’Indochine française. Un territoire disputé également par l’Empire du Japon, qui débute sa politique d’expansion avec l’invasion de la Mandchourie et qui se poursuit avec l’alliance du Japon impérial avec l’Allemagne nazie en 1936 puis l’entrée de l’Empire du Japon dans la Seconde guerre mondiale. Or la victoire en Europe des Alliés contre l’Axe est déclarée le 8 mai 1945, ne signifiant pas pour autant que la guerre mondiale est achevée. En effet, plus loin en Extrême-Orient, la situation est toute autre. Peu avant la fin de la guerre en Europe, le 9 mars 1945, l’Empire du Japon s’empare de l’Indochine française, alors administrée par le régime de Vichy, par surprise, après un ultimatum refusé par la France. Les français d’Indochine, les 22 000 civils,  sont alors obligés de résider dans des mini-ghettos surveillés (cela ne vous rappelle rien ?) et les soldats, 15 000 environ, sont envoyés soit dans des camps disciplinaires voire pour les plus résistants des soldats dans des camps de déportation situés principalement sur le territoire vietnamien, similaires aux tristes camps nazis, et ce jusqu’au 14 août 1945, date à laquelle l’Empereur du Japon a décidé de la capitulation du Japon, effective le 2 septembre 1945. Etonnamment, on s’offusque, à juste titre là n’est pas la question, de l’inhumanité des camps de concentration nazis mais beaucoup moins de ces camps de concentrations japonais car moins évoqués dans les livres d’Histoire. D’ailleurs, c’est seulement  récemment, en mars 2016, que deux soldats français, Agnès-Albert ALY et Onésime VERNES, ont été reconnus, à titre posthume, par la France comme étant  morts, victimes de la  déportation  à cause des japonais. Les premiers à l’être tandis qu’on estime à environ 2 500 soldats et 500 civils morts torturés dans ces camps de la mort. On s’offusque peu et pourtant le système de ces camps est quasi identique, sauf qu’à la place des SS nazis, le Japon a le Kempetaï. Bien que les soldats français sont prisonniers des japonais l’espace de quelques mois, ceux qui en sont revenus vivants décrivent des conditions d’incarcération extrêmement difficiles, étant sous-alimentés, sous-hydratés et peu considérés voire pas du tout, -selon certains témoignages les soldats japonais avaient tendance à ne pas considérer comme des humains les soldats faits prisonniers, et beaucoup d’entre eux sont ainsi battus voire torturés. Au final, 2 500 soldats et 500 civils, selon l’estimation de François CARTIGNY, ancien avocat et grâce à qui ces deux soldats ont été reconnus comme des victimes de ces camps, sont morts dans ces camps. Une estimation car « car contrairement aux camps des Allemands où était tenu le registre des déportés, les Japonais n'établissaient pas la liste de leurs victimes ».

 

Alors pourquoi connaît-on si peu ces camps japonais alors que tant de français étaient concernés ? Selon le dernier survivant de ces camps, Raymond BONNET qui a livré son témoignage dans un livre* et sur cet article, il se peut que du fait de la victoire en Europe, les français aient préféré ignorer ce fait, traumatisés par ce qu’ils venaient tout juste de traverser. Pour les historiens, il se peut que ce soit plutôt car les français d’Indochine aient été perçus comme partisans du régime de Vichy.

 

* A lire : Raymond BONNET, Condamné à mort par les japonais, d’Aurillac à Saïgon, éditions du Bailli, juin 2014.

 

Source : Mémoire Vivante n° 52 avril 2007, France Info, La Dépêche.

Illustration : dessin réalisé par le Capitaine G.H. Pauwels lors de sa détention dans un de ces camps en 1945, source Le Monde.

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