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DAIRAKUDAKAN délivre sa version du Jardin d’Eden

DAIRAKUDAKAN délivre sa version du Jardin d’Eden

Yuuki K 15:20 - 04 décembre 2017

La troupe de danse butô, Dairakudakan est de retour en France et célèbre ses 45 ans avec « Crazy Camel » à la Maison de la Musique de Nanterre, mais aussi « Asura » et « Paradise » ainsi que le film de Jeff MILLS en compagnie du DJ « PLANETS » à la MCJP !

Fondée et menée par l’infatigable Akaji MARO (bientôt 75 ans !), Dairakudakan, ou « le grand vaisseau du chameau » dans sa traduction littérale, est de retour en France avec deux spectacles inédits ! L’occasion pour Japan FM de découvrir « Paradise » et de saisir l'univers de la danse butô. Appelée « danse des ténèbres », le butô est apparu après-guerre, fondé par Tatsumi HIJIKATA. Pour Akaji MARO, qui aura été hébergé chez lui et qui aura appris à ses côtés les bases du butô durant trois ans, « les traumatismes de Hiroshima et de Nagasaki ont grandement contribué à la naissance du butô » mais cette danse est surtout née du « rejet du Japon par les pays occidentaux », et des mutations sociétales qui suivirent la guerre notamment les mouvements étudiants des années 1960-1970. Là où le théâtre traditionnel n’apportait plus de réponse, le butô permettait d’exprimer la recherche de l’identité des Japonais d’après-guerre et s’inscrit alors dans la culture underground.  Seul le fard blanc du théâtre kabuki par exemple sert de lien entre le théâtre traditionnel et le butô, que les danseurs appliquent sur tout le corps y compris en répétition. Dans la danse butô d’Akaji MARO, qu’il qualifie de « Tempu Tenshiki » selon laquelle tout corps est une œuvre -Akaji MARO dit ainsi qu’ « être né dans ce monde est déjà un grand talent en soi », beaucoup d’autodérision mais pas d’interprétation figée, le chorégraphe danseur préférant laisser les spectateurs vivre à leur façon le spectacle puisque « c’est une danse insaisissable et absurde qui peut être ressentie de plusieurs façons, selon le regard du spectateur. » !

 

avec l’aimable autorisation de la MCJP, « Paradise » ©Hiroyuki Kawashima

 

avec l’aimable autorisation de la MCJP, « Paradise » ©Hiroyuki Kawashima

 

Pourtant,  dans « Paradise », Akaji MARO semble laisser peu de place aux interprétations. En réfléchissant à ce nouveau spectacle dont le thème du Paradis était déjà trouvé, étrangement seuls des noms de maladies lui sont venus à l’esprit. Ce qui donne le ton de « Paradise » ! Le rideau rouge tombe ainsi sur un premier tableau « Nature » dans laquelle les danseurs sont enchaînés à un arbre, l’arbre de la connaissance, interprété par Akaji MARO. « Paradise » semble alors plutôt revisiter une partie de la Genèse de la Bible et plus particulièrement le mythe du Jardin d’Eden, le paradis terrestre. Akaji MARO revisite en effet le péché originel, où la femme n’est pas celle par qui tous les maux arrivent, mais il y délivre aussi un regard plein d’ironies, le tout sur des musiques composées par Keisuke DOI, maître de flûte shakuhachi, et par Jeff MILLS, pionnier de la techno à Detroit et avec qui Dairakudakan collabore régulièrement depuis 2013.  Peu étonnant, car si Akaji MARO s’est penché sur le mythe du péché originel, c’est davantage pour une chose qui l’intrigue « le fait que l’homme a été banni du Jardin d’Eden au moment où il s’est montré curieux et a fait preuve d’intelligence. Depuis, il ne cesse de souffrir. Si l’homme était resté ‘bon et idiot’, ça n’aurait pas été ainsi. Selon moi, il est clair que l’homme est devenu malheureux en devenant intelligent. » ! Ce sont certainement pour ces mêmes raisons que la vision du Jardin d’Eden d’Akaji MARO semble aussi cauchemardesque que rêvée.  Quoiqu’il en soit, si « Paradise » semble sujette à une interprétation plutôt claire, sa conclusion laisse les spectateurs partir en s’interrogeant sur la notion de bonheur voire même de liberté.

 

Un extrait de « Paradise »:

Paradise | Dairakudakan from Théâtre Auditorium Poitiers on Vimeo.

 

 

- A ne pas non plus manquer : la diffusion du film « Planets » de Jeff MILLS, dont la musique est issue de l’album éponyme sorti en avril 2017, avec les danseurs de Dairakudakan le mercredi 6 décembre à 19h à la MCJP, en compagnie du DJ-réalisateur et des danseurs de la troupe. Une représentation de « Paradise » aura lieu à la suite de cette projection à 20h.

 

- Les autres dates pour « Paradise » : les 6, 7 et 8 décembre à 20h à la MCJP, le 9 décembre à 15h.

 

- Et pour ceux qui souhaitent découvrir le kimpun show, numéro de cabaret lié au butô et où les danseurs ne se recouvrent non pas de poudre blanche mais de poudre d’or, Akaji MARO avait créé pour les 15 ans de la MCJP le spectacle « Crazy Camel » ! Sachez que vous pourrez (re)découvrir ce spectacle à 20h30 les 15 et 16 décembre à la Maison de la musique de Nanterre.

 

Un livre sur Akaji MARO, fondateur de Dairakudakan, a été publié : « Akaji MARO : Danser avec l’invisible », présentation et entretiens avec Aya SOEJIMA avec des photographies de Nobuyoshi ARAKI et une postface de Jeff MILLS, chez Riveneuve Archimbaud éditeur, et est disponible en avant-première durant toute la durée des représentations de la troupe au prix de 12€ avant de se retrouver dans les rayons des libraires à partir de mars/avril 2018. Quant à Dairakudakan, la compagnie est fondée en 1972 et était alors une des premières troupes de danse butô. Elle est désormais une des dernières compagnies encore existantes au Japon.

 

Photo : avec l’aimable autorisation de la MCJP, « Paradise » ©Hiroyuki Kawashima

 

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