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Le Premier ministre menacé de nouveau par le scandale MORITOMO GAKUEN

Le Premier ministre menacé de nouveau par le scandale  MORITOMO GAKUEN

Yuuki K 16:09 - 13 mars 2018

Le scandale Moritomo Gakuen a pris une autre ampleur avec de nouvelles révélations. Le ministre des Finances a admis ce week-end que les rapports étaient falsifiés, et quelques jours avant un fonctionnaire du ministère des Finances lié à l’affaire s’est suicidé.

C’est l’un des deux grands scandales politico-financiers de 2017, de ceux qui, avec l’affaire Kake Gakuen, ont ternis la côte de popularité du Premier ministre, avant que la crise des missiles n’intervienne et que les affaires ne soient, temporairement, oubliées. Mais si Shinzô ABE pensait que les polémiques étaient derrière lui, il avait tort. Pour rappel, le scandale Moritomo Gakuen est provoqué par la découverte de la vente en 2016 de terrains appartenant à l’état à un prix au rabais de 85% au profit de Moritomo Gakuen qui prévoyait d’ouvrir une nouvelle école. Ce qui fait planer un soupçon de favoritisme de la part du Premier ministre est que le président de Moritomo Gakuen est un de ses proches, ils sont par ailleurs tous deux membres du lobby ultranationaliste Nippon Kaigi, et un proche de la Première dame Akie ABE. Cette dernière devait également être nommée directrice honoraire de cette nouvelle école avant de se mettre en retrait dès que le scandale a éclaté en février 2017.  Puis, le projet d’ouverture d’école avait été abandonné car les polémiques ne faisaient que croître. Le Premier ministre avait dû se justifier face à la Diète, tout en donnant parfois des explications peu claires voire contradictoires notamment suite aux témoignages de Yasunori KAGOIKE, président de Moritomo Gakuen, affirmant que le Premier ministre et son épouse avaient fait un don important pour financer l’ouverture de l’école. Mais c’était sans compter la persévérance de journalistes, peu satisfaits de ces explications, et notamment de l’Asahi Shimbun qui avait dévoilé l’affaire l’an passé. Si Yasunori KAGOIKE a été arrêté en juillet dernier pour fraude fiscale sans rapport avec l’affaire en question, le scandale n’a pas été enterré pour autant. Début février 2018, le ministère des Finances admet ainsi qu’il existe finalement d’autres documents internes concernant cette affaire. Et début mars, l’Asahi Shimbun affirme que ces documents étaient trafiqués avant que le ministre des Finances, et Vice-Premier ministre, Tarô ASÔ ne l’admette ce lundi. Il s’avère que 14 documents liés à la cession du terrain au profit de Moritomo Gakuen présentés l’an dernier à la Diète avaient été altérées, les noms de plusieurs personnalités politiques comme celui du Premier ministre et son épouse ayant été supprimés. En tout ce sont 78 pages liés à l’affaire, dont 62 avaient été trafiquées ! Pourtant, bien que le nom de la Première dame soit bien indiqué dans ces documents, rien ne mettrait en évidence l’implication de celle-ci dans l’attribution  du terrain à un prix défiant toute concurrence, néanmoins, il y est bien mentionné que cette vente est « une offre spéciale ». Comment expliquer cette tentative de  dissimulation, si rien ne prouve le soupçon de favoritisme ? Or quelques jours avant cet aveu, la presse révèle que le corps sans vie d’un fonctionnaire du ministère des Finances avait été retrouvé ce 7 mars, laissant un message écrit. D'après le Yomiuri Shimbun, ce message dénonçait ses supérieurs affirmant que le ministère l'avait obligé à modifier les documents. Officiellement, rien n'a été confirmé en ce sens mais l'homme se serait suicidé, ce qui ne fait qu’accentuer le doute autour de ce scandale.

 

Quel impact laisseront ces dernières révélations sur Shinzô ABE ? Pour The Japan Times, le Premier ministre ne semble pour l’instant pas être trop affecté par ce retour de flammes au regard des sondages (d’après un sondage NHK de ce lundi, le Premier ministre ne perd que 2 points d’opinion favorable à 44%), malgré des manifestations d'un peu plus d'un millier de Japonais depuis deux jours exigeant sa démission et celle de Tarô ASÔ (des manifestants avaient déjà commencé à se réunir pour protester depuis la révélation dans la presse de l'existence d'autres documents). Mais bien que le ministre des Finances a reconnu que des documents ont été falsifiés, Tarô ASÔ ne compte pas démissionner, surtout qu’il a le soutien du Premier ministre, et il le justifie par le fait qu’il n’aurait pas commandité cet acte. En revanche, c’est le directeur du fisc japonais Nobuhisa SAGAWA qui a présenté sa démission ce vendredi, prenant toute la responsabilité du scandale après avoir livré un faux témoignage en 2017 devant la Diète selon lequel les documents en question n’existaient plus. Il était en effet à cette époque à la direction du bureau du ministère des Finances, suspecté aujourd’hui d’avoir ordonné la falsification des documents, avant d’être promu à la tête du fisc peu de temps après son témoignage. Une démission qui intervient à un moment crucial puisque c’est ce mois-ci qu’est décidé le budget pour l’année fiscale à venir. Un geste insuffisant aux yeux du Mainichi Shimbun, qui dans son éditorial du 10 mars note que cette démission est normale mais ne résout pas l’affaire, écrivant que « nous ne devons pas permettre au gouvernement de tirer le rideau juste avec la démission de SAGAWA. ». Et si pour l'heure le Parti Libéral Démocrate semble soutenir en apparence son chef, le Mainichi Shimbun décrit un mécontentement en augmentation car ces affaires risquent de décrédibiliser les actions du gouvernement et de mettre en péril les réformes à venir.

 

Sources : Asahi Shimbun, Mainichi Shimbun, The Japan Times.

Photo : une manifestation à proximité du bureau du Premier ministre suite à l’aveu du ministre des Finances ce lundi 12 mars. via The Japan Times ©AFP-JIJI

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