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Quand Google rend hommage à Léonard FOUJITA

Quand Google rend hommage à Léonard FOUJITA

Yuuki K 15:18 - 27 novembre 2018

Il y a 132 ans aujourd’hui, naissait le plus français des peintres japonais, Tsuguharu dit Léonard FOUJITA. Avant l'ouverture d'une nouvelle exposition consacrée au peintre début 2019, c’est Google qui rend hommage à sa naissance à travers son doodle du jour. L’occasion de revenir sur l’incroyable parcours de cet artiste.

Tsuguharu FOUJITA est né à Tôkyô le 27 novembre 1886, c’est cette naissance que Google célèbre aujourd’hui. Celui qui se fera appeler plus tard Léonard FOUJITA est né dans un milieu aristocratique, dont le père est général des armées et reçoit une éducation culturelle traditionnelle ouverte toutefois aux idées occidentales. Alors qu’il n’a que 5 ans, sa mère décède, ce qui pousse le jeune garçon à se réfugier dans son imaginaire. Tombant amoureux de la peinture de Claude MONET, il trouve rapidement sa vocation : celui de devenir peintre, intégrant à 18 ans l’école des Beaux-Arts de Tôkyô, section peinture occidentale. Si sa carrière décolle doucement, il n’a qu’un rêve, celui d’aller en France. Il finit par obtenir l’autorisation de son père en 1913 pour s’y installer durant 3 ans en promettant de revenir pour épouser sa fiancée japonaise ! Mais il ne saura tenir cette promesse puisqu'il ne quittera pas la France, pas avant plus d’une décennie, et y épousera même une Française. A peine arrivé à Paris, Tsuguharu FOUJITA s’installe à Montparnasse et découvre à 27 ans l’avant-garde artistique qui foisonne alors à Paris, le Salon d’Automne mais surtout il fréquente des artistes comme Amedeo MODIGLIANI ou encore Pablo PICASSO qui, bien que considéré comme un peintre confirmé au Japon, vont le pousser à revoir de zéro son approche de la peinture. Il se fait ainsi d’abord connaître par sa personnalité excentrique, devenant une figure incontournable de la nuit parisienne et c’est en 1917, qu’il inaugure sa première exposition avec la peintre française Fernande BARREY qu’il épouse la même année. Première exposition, premier succès.  Les Années Folles raffolent de ses peintures de nus féminins. S’il se fait remarquer pour ses nus, il peint ce qu’il découvre du « vrai Paris », et s’il a toujours été attiré par la peinture à l’occidentale, il a su créer un style figuratif propre à lui, hybride entre l’Orient et l’Occident. Une maîtrise également du trait qui demeurera remarquable de ses débuts jusqu’à sa disparition.

 

Léonard Tsuguharu Foujita, Portrait de l’artiste, 1928, huile et gouache sur toile, Paris, Centre Pompidou - Musée national d’art moderne - Centre de création industrielle © Fondation Foujita / Adagp, Paris, 2018 - Photo © Centre Pompidou, MNAM-CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Jacqueline Hyd

 

Dans la fin des années 20, Jirohashi SATSUMA, mécène qui finance la construction de la Maison du Japon dans la Cité internationale Universitaire de Paris lui commande la création d'œuvres monumentales, destinées à orner les murs du bâtiment. Peu de temps après, le peintre subit des problèmes avec le fisc et s’en suit un voyage qui va l’emmener ainsi que sa deuxième femme (et muse) jusqu’en Amérique latine avant un retour au Japon. Hélas, la Seconde guerre mondiale menace et le peintre essaie de fuir la guerre, d’abord en revenant en France mais les Allemands arrivent. Il finit par retourner au Japon où il est nommé peintre officiel pour l’armée où il est supposé peindre  à la gloire des soldats de l’armée impériale.  Sa deuxième épouse étant décédée au Japon en 1936, il prend pour compagne une Japonaise cette fois, qui sera à son retour en France sa dernière épouse, Kimiyo. Après la capitulation, les critiques fusent, accusant Tsuguharu FOUJITA d’avoir été un collaborateur de la propagande militariste. Son seul désir est pourtant de repartir. En 1949, alors qu’il perdait goût pour la peinture, il peut enfin quitter le Japon et s’envole à New York. Il renaît. Un an plus tard, il revient définitivement en France, et s’installe de nouveau dans son quartier de prédilection, Montparnasse. Malgré l’abstractionnisme en vogue, les œuvres de Léonard FOUJITA rencontrent toujours le succès et il continue à exposer fréquemment. En 1955, Tsuguharu FOUJITA est naturalisé français avec son épouse et se convertit quelques années plus tard au catholicisme. C’est après ces évènements que Tsuguharu devient Léonard FOUJITA. Le peintre déménage ensuite dans la Vallée de Chevreuse avant de réaliser en 1966 la conception des plans de la Chapelle Notre-Dame-de-la-Paix surnommée également Chapelle Foujita à Reims et une immense peinture murale. C’est sa dernière œuvre puisque le peintre est atteint d’un cancer qui l’emporte à Zurich le 29 janvier 1968.

 

« Les Sept péchés capitaux » de Léonard Tsuguharu Foujita, Chapelle Foujita, via site officiel musées Reims.

 

La France honorait récemment Léonard FOUJITA à travers une exposition pour le cinquantenaire de sa mort au musée Maillol l’été dernier (« Foujita – Peindre dans les Années Folles »), mais l’exposition était consacrée aux années 1920 du peintre, sa première période en France et celle où il a été le plus prolifique. Avec Japonismes 2018 et les célébrations de l’amitié franco-japonaise, ce sera également la Maison de la Culture du Japon à Paris qui rendra hommage au peintre début 2019 avec une rétrospective « Foujita, œuvres d’une vie » offrant ainsi un regard sur l’ensemble de ses oeuvres.

 

Informations pratiques dans votre agenda.

 

 

Sources : La lettre de la bibliothèque de la Maison de la Culture du Japon à Paris n°58, Foujita.org , dossier de presse « Foujita, peindre les Années Folles ».

Photo : capture écran page d’accueil Google en l’honneur de Léonard Foujita.

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