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« De la mort à la vie. Souvenirs d’un pilote de Zero » de Kikumi OGAWA

« De la mort à la vie. Souvenirs d’un pilote de Zero » de Kikumi OGAWA

15:04 - 14 février 2019

Paru aux éditions L’Harmattan depuis le 2 octobre 2018, « De la mort à la vie. Souvenirs d’un pilote de Zero » sont les mémoires de Kikumi OGAWA, appelé à être kamikaze durant la Seconde guerre mondiale, et dont la famille a autorisé la publication en son hommage.

Les récits de kamikaze sont par définition difficiles à trouver. Initialement ces pilotes étaient appelés shinpu, autre prononciation des kanji composant ce mot signifiant en français « vent sacré ». Pour être exacte, le terme complet est Kamikaze Tokkô-tai soit « Commando d’attaques spéciales du vent sacré », mais c’est finalement le seul terme de kamikaze qui est entré dans l’usage et que l’histoire retiendra. Plus de 70 ans après, la mission des kamikaze demeure l’objet d’incompréhension et de fantasme, symbole d’une période de l’Histoire du Japon, dont la seule évocation est entourée de stéréotypes comme le révèle Constance SERENI dans la préface de « De la mort à la vie. Souvenirs d’un pilote de Zero » (elle est également autrice de l’essai « Kamikazes » avec Pierre-François SOUYRI aux éditions Flammarion). Comment expliquer qu’un homme, d’autant que la plupart des kamikaze étaient des jeunes, - les notes en annexe de ces mémoires précisent que la plupart des pilotes « kamikazes étaient des jeunes hommes âgés de moins de 20 ans », puisse volontairement s’écraser avec son avion sur un navire ennemi, sachant pertinemment qu’il allait mourir ? Toujours selon les notes annexes de ces mémoires, il est estimé en 2008 que 2 531 kamikaze sont morts en remplissant leur mission jusqu’au bout. Certains survivants, qui en ont échappé grâce à des circonstances qui leur ont été favorables ont témoigné ces dernières années, on retrouve d’ailleurs certains récits dans l’ouvrage de Constance SERENI et de Pierre-François SOUYRI. Kikumi OGAWA aurait pu faire partie de ces pilotes morts pour la patrie. Il était seulement âgé de 18 ans en juin 1945 lorsqu’il a été nommé kamikaze. Le destin en aura décidé autrement. Mais il lui faudra 50 ans pour parvenir à évoquer cette période, par écrit et seulement destiné à ses proches.

 

Kikumi Ogawa dans un Zero (style 52) ©Collection Privée

 

Synopsis officiel : Maître-instructeur du corps aérien de l’armée navale japonaise de Wonsan, en Corée du Nord, Ogawa Kikumi (1926-2004) est nommé kamikaze le 15 juin 1945. A peine âgé de 18 ans, il doit lutter contre l’effroi que fait naître en lui le destin auquel il vient d’être condamné. Cependant il échappe à la mort grâce à une pluie continue qui, durant les deux jours précédant la capitulation de l’archipel, empêche son avion de décoller. Un demi-siècle plus tard, l’homme décide de témoigner : des souvenirs qui, écrits à la hâte et destinés à ses proches, ne seront jamais publiés. Souhaitant lui rendre hommage, sa famille désire aujourd’hui les partager.

 


extraits De la mort à la vie. Souvenirs d'un pilote de Zero par Kikumi Ogawa

 

L’avis de Yuuki K. :

 

« De la mort à la vie. Souvenirs d’un pilote de Zero »  est un récit bouleversant tant Kikumi OGAWA tente d’y exprimer avec détails ses souvenirs de la guerre. Ses mémoires permettent de mettre en lumière les sentiments qui l’ont traversé, non pas de façon globale mais sur six mois, à partir du moment où il a été muté en tant que pilote maître-instructeur à Wonsan, en Corée du Nord au mois de février 1945 jusqu’au 23 août 1945, date de son retour chez lui dans le Kyûshû.  A partir de cette mutation, les lecteurs découvrent les pensées les plus intimes et les sentiments parfois contradictoires de Kikumi OGAWA, ce dont il est incapable d’exprimer à l’époque, que ce soit à ses collègues pilotes ou à sa famille. La traduction et les notes annexes par Hiroko OGAWA (a priori sans lien de parenté) transmet aux lecteurs ces sentiments d’angoisse, de tristesse mais également l’exaltation ressentis par l’auteur. Il était à deux doigts d’être sacrifié en vain, et ce qu’il révèle dans les derniers chapitres, lorsque Kikumi OGAWA témoigne de ce qu’il s’est passé à la base de Wonsan à partir du 10 août, sont vraiment troublants, et il ne se prive d’ailleurs pas d’exprimer ce qu’il en a pensé par la suite. Si les mémoires s’arrêtent à son retour chez lui, Hiroko OGAWA raconte en conclusion l’homme extraordinaire que Kikumi OGAWA a été après la Seconde guerre mondiale jusqu’à sa mort en 2004. Kikumi OGAWA n’est pas mort en tant que kamikaze, mais en y échappant, il aura trouvé un véritable sens à sa vie.

 

Photo : couverture de « De la mort à la vie. Souvenirs d’un pilote de Zero » de Kikumi Ogawa aux éditions L’Harmattan




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