Ecoutez Japan FM Ecoutez Japan FM Idols Ecoutez Japan FM OST Ecoutez Japan FM Visual

Doit-on cesser de vendre des oeuvres d’artistes suspectés d’avoir violé la loi ?

Doit-on cesser de vendre des oeuvres d’artistes suspectés d’avoir violé la loi ?

16:40 - 23 mai 2019

Junnosuke TAGUCHI a été arrêté pour possession de marijuana. Universal Music annonce dans la foulée l’arrêt des ventes de tous ses albums physiques comme numériques. Il n’est pas le seul à subir cette décision, mais faut-il vraiment rayer toute une carrière avant même que justice ne soit rendue ?

Ce mercredi, suspectés de détenir de la marijuana, Junnosuke TAGUCHI, chanteur et ancien membre de KAT-TUN, et sa compagne Rena KOMINE, ancienne actrice, ont été arrêtés par la police à leur domicile à Tôkyô. La police a retrouvé plusieurs grammes de cannabis ainsi que du matériel pour sa consommation. Plus tard dans la journée, Junnosuke TAGUCHI a admis auprès de la police que la marijuana trouvée leur appartenait à eux deux. De son côté, Rena KOMINE était prête à tout prendre sur elle en déclarant que la drogue lui appartenait. Mais en plus de ces aveux, les enquêteurs suspectent les deux prévenus d’être des consommateurs réguliers. Ils seront face au procureur ce vendredi. En attendant, Universal Music a annoncé l’arrêt des ventes des titres de Junnosuke TAGUCHI et autres produits liés au chanteur, et si une tournée était prévue pour juillet, celle-ci est bien évidemment annulée. Junnosuke TAGUCHI n’est pas le premier ancien membre du groupe KAT-TUN à être arrêté pour ces faits. En mai 2017, c’était Koki TANAKA qui avait défrayé la chronique après que la police ait trouvé de la marijuana dans sa voiture lors d’un banal contrôle. Bien qu’il ait déclaré à l’époque que le cannabis trouvé ne lui appartenait pas, les analyses d’urine avaient révélées qu’il était bel et bien un consommateur. Les charges ont néanmoins été abandonnées, les preuves étant insuffisantes, ce qui n’a pas évité la séparation de son groupe. Autre cas plus récent d’une star japonaise : en mars, Masanori dit Pierre TAKI avait été arrêté par la police pour suspicion de consommation de cocaïne, ce qui s’est révélé être affirmatif puisque cette drogue avait été détectée dans ses analyses d’urine. Après avoir reconnu consommer de la cocaïne depuis ses 20 ans auprès des autorités, il a été inculpé puis a payé une caution de 4 millions de yens pour sortir de prison. Avant cela, Sony Music s’est empressé de suspendre tous les projets, y compris passés, sur lesquels apparaît le musicien. La chaîne officielle de Denki Groove a été vidée de tous les clips tout comme les titres du duo ont disparus de Spotify. La voix de Pierre TAKI a même été supprimée de tous les films et jeux qu’il a pu doubler. C’est notamment le cas du jeu « Judgement » dont tous les dialogues du personnage de Kyohei HAMURA ont été redoublés par un autre acteur, le visage ayant même été modifié !

 

Que ce soit Junnosuke TAGUCHI ou Pierre TAKI et biens d’autres artistes encore, les sanctions publiques ne se sont pas fait attendre. Leurs labels ont immédiatement répliqué sans attendre un quelconque verdict par la justice en annonçant de l’arrêt des ventes de leurs albums, et de tout projet futur. Si la société japonaise est capable de pardonner une condamnation après un temps comme le montre le retour à la vie publique de Noriko SAKAI alias Nori-P, la sanction publique est très sévère, mais telle est la conséquence pour toute personnalité publique osant braver la loi. Cela semble d’autant plus vrai lorsque vous faites partie de l’industrie du divertissement nippon où vous vous devez d’être un exemple, même lorsque vous n'êtes que suspect. D’autant plus si la police vous arrête, vous êtes considéré comme coupable aux yeux de la société japonaise et vous devez faire profil bas. Disparaître. Comme Ai TAKABE qui, depuis que les autorités ont abandonné les poursuites, semble avoir mis fin à sa carrière. Ou de Chage and Aska, qui après plusieurs années de  pause consécutive aux arrestations successives d’Aska ces dernières années, revient sur scène cette année avec l’annonce d’une tournée. Koki TANAKA n’a pu empêcher la fin de INKT mais a sorti son premier album solo lui aussi en début d’année. Cependant, les Japonais, du moins les internautes, semble divisés sur la sanction infligée aux œuvres des artistes arrêtés, mais encore non reconnus coupables par la justice.  

 

Capture écran via Twitter @TakkyuIshino

 

Takkyu ISHINO, l’autre moitié de Denki Groove avait critiqué la décision de Sony, à travers des photos du duo et des montages dans lequel Pierre TAKI était effacé, estimant qu’il était hypocrite de rayer Pierre TAKI de l’industrie du divertissement comme s’il n’avait jamais existé. Ses différents posts Twitter en ce sens ont été liké par de nombreux internautes. La sanction de Sony avait par ailleurs été également très critiquée par Ryûichi SAKAMOTO et une pétition demandant au label de reconsidérer cette décision et signée par plus de 64 000 soutiens a été envoyée à la mi-avril. Sony Music Labels a répondu en déclarant prendre en compte cette demande, mais que leur réponse définitive sera donnée une fois que le jugement sera délivré. Y aurait-il eu autant de soutiens si Denki Groove et ses deux membres n'étaient pas aussi populaires au Japon comme à l'étranger ?

 

Rappelons que la consommation et trafic de drogue, quelle qu’elle soit (certains médicaments sont considérés comme des stupéfiants), est sévèrement réprimée au Japon. Si vous êtes étranger, vous risquez non seulement la prison mais également d’être expulsé du territoire japonais. Un cas célèbre est celui de Paul McCARTNEY, venu au Japon avec les Beatles en 1980. Il avait été arrêté débarquant sur le sol nippon avec 200 grammes de marijuana. Le groupe avait été alors contraint d'annuler ses concerts et le musicien a alors été immédiatement incarcéré, risquant sept ans de prison. Probablement grâce à l’extrême popularité internationale du groupe, les autorités n’ont finalement retenu aucune charge et l’ont relâché après l’avoir enfermé neuf jours en prison.

 

 

Sources : The Japan Times, Tokyo Reporter, Mainichi Shimbun.

Photo : Junnosuke Taguchi via Arama ! Japan.

Laissez un commentaire


© 2019 Japan FM est une marque déposée par IGAM Entertainement Mentions légales | CG d'Utilisation | CG des concours SMS Réalisé par La News Company