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Etudier le japonais au Japon, une expérience unique !

Etudier le japonais au Japon, une expérience unique !

Aurélie Vandecasteele 13:21 - 25 juillet 2016

Les possibilités d'étudier au Japon sont nombreuses, tout comme le profil des étudiants et leurs motivations. Nous avons eu la chance de tenter l'expérience pour un mois, et voici un bilan à mi-parcours, en direct de la Yokohama International Education Academy (YIEA).(1).

Etudier le japonais au Japon... L'expérience à tenter, sans aucun doute ! Que l'on soit titulaire d'un visa de court ou long séjour, des solutions adaptées existent, au sein des nombreuses écoles internationales présentes sur le territoire nippon. Pour notre part, nous avons opté pour un apprentissage court (de quatre semaines), dans un établissement situé à Yokohama (Sakuragicho, plus précisément), et c'est donc sur cette expérience seule que sera axé cet article.

 

C'est donc aux premiers jours de juillet que débutaient les sessions estivales de japonais à la YIEA. Au programme pour les étudiants : entre quatre et neuf semaines de cours, s'étalant jusqu'en septembre. La session est interrompue par trois semaines de vacances d'été en août. Nous nous joignons au groupe « débutant » de l'après-midi. Un autre groupe a cours le matin. Chaque groupe compte une quinzaine d'étudiants. Les cours obligatoires se donnent de 13h10 à 16h30, avec un renforcement en kanji et/ou en grammaire pour ceux qui le souhaitent, chaque jour jusqu'à 17h30. Si l'on a perdu le rythme scolaire depuis longtemps, il est temps de s'y remettre ! D'autant que les très courtes pauses entre chaque heure de cours ne permettent pas un grand répit ! D'ailleurs, de répit, il n'y en aura pas. Dès le premier jour, un test évaluant les connaissances de chacun en matière de hiragana et katakana (2) est organisé. Il s'agit des caractères de base en japonais. L'on nous explique très rapidement que la maîtrise complète de ces caractères est indispensable. La consigne est simple : « mémorisez-les ». Vite. C'est à dire tout de suite. Nous ne pouvons QUE conseiller à chaque étudiant en devenir d'avoir fait cet apprentissage avant son départ au Japon.

 

Classe

 

Le premier jour de classe sert à se présenter et à lire ensemble (à voix haute/en hiragana) le règlement de l'école. Rien de contraignant ni d'inhabituel, à part une discipline parfois oubliée, du moins pour ceux pour qui la fac est un lointain souvenir. Tous les retards ou absences (même de 15 minutes ou moins) doivent être justifiés. Un retard de train ou de bus doit obligatoirement se solder par la remise d'un document émanant de la gare. On ne vient ni en vélo ni en voiture, faute de parking à proximité. On ne chique pas, on ne mange pas de biscuits, même à la pause. On est tous des «学生» (gakusei/étudiants), et notre vie professionnelle extérieure n'existe pas. Mine de rien, c'est un des aspects surprenants de la vie scolaire. Ici, les étudiants sont d'âges divers, certains sortent du bac et préparent un concours universitaire, d'autres ont la trentaine et certainement une vie professionnelle dans leur pays d'origine ou même au Japon, mais cet aspect n'existe pas durant les cours. Nous sommes tous, même pour un court séjour, des étudiants de la YIEA.

 

Du côté de la population scolaire : plusieurs nationalités se démarquent. De très nombreux étudiants (la majorité) sont chinois, et ont de fait une belle longueur d'avance en écriture des kanji (3)! La YIEA compte également beaucoup d'étudiants sri-lankais, quelques Thaïlandais, Taïwanais, voire Népalais ! D'Européens... Il n'y en a guère. Il n'y en a pas, d'ailleurs. C'est d'ailleurs un point important : si les étudiants chinois peuvent se soutenir mutuellement dans leur langue natale, ce ne sera pas notre cas. De francophones, pas de traces, et l'anglais n'est pas très usité en ces lieux, hormis par votre professeur référent, et certainement pas pendant les cours. Ne parlons pas de « romaji », ou romanisation du japonais en lettres. Cela n'existe pas. Ici, on parle japonais, on écrit en japonais. Autant que faire se peut.

 

Ce qui n'empêche pas une belle camaraderie. On se soutient comme on peut, et il n'y a pas de forts et de faibles, pas d'arrogance. Nous sommes tous des étrangers au Japon, et les plus doués aident les autres. Cet esprit est largement favorisé par la vie scolaire elle-même. Ici, par exemple, on prend soin de son école. Chaque jour, les étudiants se relaient après les cours pour nettoyer la classe pour le lendemain. De même, chaque jour, des petites séances de conversation sont organisées durant les cours, forçant même les plus timides à discuter avec leur voisin. De ce fait, des liens se créent obligatoirement.

 

Du côté de l'apprentissage, soyons honnête : le rythme est soutenu. Un « vrai » débutant pourrait s'y perdre trs vite. Quelques bases (ou une capacité d'étude rapide), en plus de la lecture des caractères basiques, peuvent aider. Car les leçons sont très bien organisées, très rythmées, et se soldent par un test PAR JOUR (avec note à l'appui) concernant le cours de la veille. Les lectures à voix haute ou l'écriture au tableau sont également quotidiennes. Il est réellement essentiel de progresser rapidement et de ne pas paniquer ! Chaque soirée comporte par ailleurs son lot de « devoirs » (2 à 4 pages d'exercices), à montrer impérativement le lendemain au professeur, en échange du corrigé. On ne plaisante pas avec ça ! Et même le plus rebelle des étudiants n'aura pas envie de se prendre une remarque ou une note désobligeante de son « sensei ». La pression scolaire est donc réelle, même à notre niveau ! Notons que le professeur change chaque jour. Cela force à s'adapter à différentes voix/intonations/écritures/rythme. Enfin, l'apprentissage de la grammaire japonaise est immédiat, et le niveau de difficulté croissant. Dès le cinquième jours de cours, on démarre avec l'écriture kanji. 早い!

 

Vue du quartier

 

Après deux semaines de cours, les progrès sont réels, notamment en écriture, lecture et compréhension orale. Il faut, ensuite, passer le cap d'  « oser » la discussion avec les Japonais. L'on se confronte une fois encore à une barrière toute francophone peut-être, celle de la peur d'avoir « l'air bête », de se tromper... Pourtant, votre interlocuteur japonais sera ravi de vous reprendre et de vous voir faire des efforts !

 

Quoi qu'il en soit, l'expérience est indéniablement intéressante. Stressante parfois, mais instructive, elle offre une perspective nouvelle sur le Japon et permet de belles rencontres. Se remettre dans la peau (et dans la vie) d'un étudiant donne réellement l'envie de s'y mettre sérieusement et de progresser. A conseiller donc !

En direct de Yokohama,

 

Aurélie Vandecasteele

Notes: (1) http://yiea.com/ (2) https://fr.wikipedia.org/wiki/Kana (3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Kanji

 

Légendes photos :

1. Les livres d'apprentissage, fournis par l'école

2. Une classe de la YIEA

3. A proximité de l'école, Minatomirai/Sakuragicho

 

Quelques précisions pratiques : des intermédiaires français existent sur le net pour « faciliter » et orienter votre inscription dans une école. Ces agences sont également en charge de réceptionner votre acompte dû à l'établissement. Sans vouloir accuser quiconque, soyons clairs : cette étape est pour le moins confuse. Entre les mauvaises indications d'horaires de cours, l’inscription confirmée par l'agence mais non-validée par l'école, et de nombreuses informations contradictoires, nous ne pouvons que vous conseiller de choisir votre école bien à l'avance (6 mois avant votre rentrée) et de les contacter directement en anglais. Gain de temps et économie de stress en perspective. Au niveau des prix : n'ayant contacté et fréquenté qu'une école, nous ne pouvons établir de comparatif. De même, les prix varient en fonction de votre visa et de la durée de votre apprentissage. Toutefois, à titre d'information : un mois de cours estivaux à la YIEA coûte entre 700 et 800 euros (en fonction du taux de change). Cela inclut l'admission, les cours obligatoires (5 jours/semaine), les cours supplémentaires de kanji et/ou de grammaire, ainsi que les livres nécessaires (+CD d'apprentissage). Les prix sont dégressifs si l'on reste une année entière.

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