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« émotions de croire » de Rei NAITO à la MCJP

« émotions de croire » de Rei NAITO à la MCJP

Yuuki K 16:41 - 09 février 2017

La Maison de la Culture du Japon à Paris propose une série d’expositions, Transphère, depuis 2016 destinée à présenter une large facette de la création contemporaine japonaise. Depuis le 25 janvier, retrouvez une installation inédite de Rei NAITO pour le 3ème volet de Transphère, en entrée libre.

Rei NAITO, une artiste reconnue internationalement

 

Le nom de Rei NAITO parlera aux amateurs d’art contemporain. Non seulement parce que l’artiste est associée à l’île de Teshima, une des trois îles-musée japonaises qui composent le Benesse Art site, en créant l’unique œuvre en 2010 qui compose le Teshima Art Museum créé par Ryue NISHIZAWA spécifiquement pour l’œuvre de Rei NAITO, « Matrix ». D’autres reconnaîtront peut-être l’artiste pour s’être confrontés à « une place sur la Terre » lors de la Biennale de Venise de 1997 ou encore lors de sa première exposition française en 1993 à la galerie du Rond-Point grâce à la galeriste Jennifer FLAY, future directrice de la FIAC (Foire Internationale d’Art Contemporain), grande admiratrice du travail de Rei NAITO. Un autre galeriste français est admiratif de l’art de Rei NAITO, c’est Yvon LAMBERT, grâce à qui  la France possède une œuvre de l’artiste depuis 1999, « Pillow of the Dead » intégrée dans le Fonds National d’Art Contemporain grâce à la donation du galeriste. Dans sa Collection Lambert à Avignon, le galeriste possède d’autres œuvres de l'artiste, présentées  à plusieurs reprises dans le cadre d’expositions collectives.

 

Née à Hiroshima en 1961, Rei NAITO étudie  à l’Université d’Art Musashino et s’expose pour la première fois en 1986 en présentant « Apocalypse Palace » à Tokyo. Son oeuvre s’inscrit dans le minimalisme et le conceptuel, avec au départ l’envie de se créer son « propre lieu spirituel ». Ainsi, ses œuvres interrogent la condition humaine et l’environnement, et c’est pourquoi elles sont minimalistes car l’artiste cherche à provoquer une réflexion, une méditation de la part du visiteur. L’œuvre présentée à la Biennale de Venise, « une place sur la Terre » était par exemple un espace dans lequel le visiteur ne pouvait pénétrer qu’individuellement, pour « durant dix minutes, être seul face à l’œuvre ». « Matrix », son installation permanente sur l’île de Teshima, que vous pouvez apercevoir grâce à la projection d’une vidéo en continue à l’entrée de la salle d’exposition, est un autre exemple de ce minimalisme pour le moins agir possible sur l’environnement, par ailleurs une des œuvres les plus marquantes de Rei NAITO. Mais qui dit minimalisme n’ôte en rien la complexité de cheminement de la création, et Rei NAITO l’a prouvé à maintes reprises et comme l’écrit Bernard BLISTENE, directeur du Musée national d’art moderne-Centre Pompidou, en parlant de « Matrix » : « Se peut-il que Rei Naito, sous l’abri que lui offre Ryue Nishizawa, ait ici conçu l’œuvre à la fois la plus complexe et la plus simple et qu’elle ait mis en formes –au propre comme au figuré- tout ce que le statisme de l’art à la recherche du mouvement, peine à libérer ? ».

 

« Emotions de croire » : du choc à l’espoir

 

Si l’artiste est née à Hiroshima, son œuvre ne contenait pas, jusqu’à il n’y a encore pas si longtemps, de références au passé douloureux de sa ville natale. Mais le drame du 11 mars 2011 réveille chez elle des émotions, ce qui la pousse à réfléchir sur la vie et la mort en partant de ce drame. Ainsi la grande salle d’exposition  de la MCJP accueille la première exposition française de Rei NAITO depuis 24 ans, une seule et unique installation minimaliste, « émotions de croire », exposée tel un sanctuaire, en étant délimitée par des clochettes suspendues par des fils au plafond. Un sanctuaire délimité aussi par un sol que vous ne pourrez fouler avec vos chaussures pour que vous vous approchiez au plus près, physiquement et spirituellement, de l’œuvre. Au cœur de l’espace d’exposition, 17 flacons irradiés, prêtés par le Musée du Mémorial pour la Paix d’Hiroshima, autour desquels se tiennent debout  des mini sculptures en bois représentant des humains ainsi que plusieurs récipients contenant de l’eau et une fleur, l’ensemble étant disposé sur un grand autel. Face à cet autel, un banc sur lequel les visiteurs sont invités à s’assoir, face à l’installation et de contempler pour réfléchir sur la vie et la mort. Les objets présentés opposent en effet des symboles de mort, les objets irradiés, à la vie, les figurines humaines. Cette opposition se reflète également par les mini vases remplis d’eau et au milieu desquels trône une fleur, radieuse et pleine de vie, rappelant les victimes de la bombe atomique qui ayant soif ont bu l’eau d’Hiroshima, sans se douter que celle-ci était contaminée, tout en rappelant que partout où il y a de l’eau, il y a de la vie et de l’espoir. Autre objet donnant une dimension religieuse à l’installation : la guirlande lumineuse se trouvant juste au-dessus de cet autel », appelée « grâce » qui rappelle les chapelets pour  prier. Mais ne cherchez pas un message, ni dénonciation ou critique, dans l'installation de Rei NAITO, excepté une vision d’espoir, car le but n’est pas là mais bien de laisser toujours le spectateur libre champs dans la réflexion et l’interprétation. Et si le drame de Fukushima a provoqué chez elle un choc, son œuvre dénote d’une résistance par une « renaissance » aux drames les plus tragiques dont on ne pensait pas se relever, en atteste les figurines qui demeurent debout, en opposition aux flacons irradiés et donc déformés et carbonisés, et ces représentations humaines vous regardent tant sur cet autel, que les trois figurines disposées autour sur les vitres de la MCJP tournées, elles, vers l’extérieur, comme si elles nous observaient tant dans ce sanctuaire que dans le monde extérieur.

 

« Le fait de vivre dans ce monde, est-il, en soi, une bénédiction ? » s’interroge Rei NAITO. A en croire son installation, finalement porteur d’espoir malgré un sujet dévastateur. A en croire sa déclaration écrite en 2012, et disposés à l’intention des visiteurs derrière le banc (en français sur la pile de gauche et en japonais à droite), imprimés sur papier blanc, qui pourraient rappeler des omikuji,   et que vous pouvez emporter avec vous, oui, la vie est une bénédiction tant que l’humain croit en l’espoir, mais c'est une question à laquelle le visiteur est invité à répondre.

 

Détails de l'exposition dans votre agenda.

 

Photo : Rei Naito, émotions de croire, 2017, Courtesy de l'artiste ©Graziella Antonini Commanditaire : Maison de la Culture du Japon à Paris (Fondation du Japon) pour l’exposition Transphère #3 Rei Naito émotions de croire (25/01-18/03/2017)

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