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PYONGYANG menace de nouveau

PYONGYANG menace de nouveau

Yuuki K 16:01 - 30 août 2017

Mardi 29 août à l’aube, la Corée du Nord a lancé un missile au-dessus du Japon qui s’est écrasé en mer. Si l’ONU condamne ce nouveau tir, Pyongyang a fait savoir que d’autres tirs étaient à craindre.

Un retrait de façade

 

Il s’agissait donc d’une accalmie de façade lorsque KIM Jong-Un avait annoncé mi-août son intention de suspendre les tirs de missiles vers le territoire américain de Guam. Lorsque la Chine avait fini par se ranger auprès des 14 autres membres du conseil de l’ONU sur la question des sanctions économiques le 5 août dernier, le monde avait pourtant cru à un apaisement diplomatique. Jusqu’à ce que le 26 août, la Corée du Nord lance 3 missiles en direction de la mer du Japon, dont 2 tirs ont échoué, puis le 29 août au matin, un missile nord-coréen vole au-dessus de l’île d’Hokkaido, Japon avant de s’écraser en mer à plus de 1 000 km de l’île.  Entre temps, cet acte a provoqué le déclenchement du système J-Alert auprès de la population japonaise. Ce dernier tir est alors considérée comme la  plus grave des provocations du leader nord-coréen depuis 2009 (à l’époque sous le leadership de KIM Jong-il). Le 29 août étant, de plus, une date spéciale puisque c’était la journée internationale de l’ONU contre les essais nucléaires. Si le missile tiré n’entrait pas directement dans le cadre d’un nouvel essai nucléaire, comme la Corée du Nord l’a déjà fait à plusieurs reprises, ce tir pourrait être interprété également comme une provocation à l’égard de l’ONU et donc de la communauté internationale. Pire encore, après la dernière condamnation par l’ONU, KIM Jong-un  fait savoir son intention d’effectuer d’autres tirs, toujours au-dessus du Japon comme dans la région du Pacifique. Ce qui est certain avec ce dernier tir c’est que la Corée du Nord est en mesure de frapper le Japon. En réponse à ce missile, le Premier ministre Shinzô ABE a déclaré vouloir « augmenter la pression sur la Corée du Nord » dénonçant une « menace sans précédent grave et sérieuse ».

 

Des sanctions qui semblent inutiles sans réelle implication de la Chine

 

Suite à cette dernière action de Pyongyang, les membres du conseil de l’ONU se sont réunis en urgence à la demande du Japon et des Etats-Unis, et sans surprise ont unanimement condamné le tir.  La Chine a condamné de nouveau fermement le tir de la Corée du Nord, se rangeant donc du côté des autres pays membres du conseil de l’ONU. Toutefois, l’ONU n’a pas donné de précisions quant à d’éventuels renforcements des sanctions. Jusqu’ici ces sanctions sont uniquement économiques dans l’objectif d’empêcher la Corée du Nord de poursuivre son programme nucléaire. Notamment de la part de la Chine, premier partenaire de la Corée du Nord, bien que son chef d’état ait appelé à une retenue et à une résolution par la diplomatie lors du vote des dernières sanctions en début de mois. Insuffisant pour le Président des Etats-Unis qui demandait davantage. En effet des sanctions économiques sont appliquées par l’ONU depuis les années 1990, mais selon le quotidien japonais Asashi Shimbun, cela n’aura permis qu’une chose : l’incapacité de la Corée du Nord de moderniser son équipement militaire. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir  un stock d’armes et de missiles assez important et de nuire via une frappe simultanée. En effet, selon France Info, la Corée du Nord parvient à contourner les sanctions de l’ONU tout simplement en utilisant des sociétés-écrans, ce qui lui permet en toute tranquilité d’avoir des activités illégales à l’étranger et selon l’ONU ces activités concerneraient notamment la vente d’armes dans des pays comme la Syrie. Toujours selon France Info, ce serait grâce à la Chine que la Corée du Nord peut poursuivre en toute tranquillité ses activités illicites. La Chine a en effet approuvé les sanctions de l’ONU, mais il s’agirait d’un accord de façade puisque le pays continuerait à financer la Corée du Nord. Néanmoins, le tir du 29 août constituerait-il une menace d’importance puisque la Chine a estimé que la crise était à un tournant ?

 

Le Japon a-t-il raison de se sentir menacé ?

 

Le tir du 29 août intervient non seulement à l’occasion de la journée internationale de l’ONU contre les essais nucléaires mais cette date est également très importante sur le plan historique puisque la Corée du Nord rappelle que 107 ans auparavant, était mis en vigueur le Traité d’annexion de la Corée par le Japon (29 août 1910), vécu comme une humiliation. La difficulté de reconnaître par le Japon l’existence des femmes de réconfort, ou les relations froides entre les deux nations au regard des enlèvements de citoyens japonais entre les années 70 et 80 par la Corée du Nord sont autant de raisons pour lesquelles le Japon peut se sentir menacé. Cependant, le Japon n’a pas déclenché son système anti-missile lorsque le missile nord-coréen a volé au-dessus de son territoire estimant qu’il ne s’écraserait pas dans le pays. Il semble qu’il s’agisse pour la Corée du Nord  d’un tir à but dissuasif pour le Japon plutôt qu’une réelle menace, les déclarations de KIM Jong-un visant davantage les Etats-Unis, allié de poids du Japon où se trouvent justement plusieurs grandes bases américaines. Mais selon les renseignements militaires américains, la Corée du Nord est désormais en mesure d’équiper ses missiles d’une bombe atomique qui pourrait atteindre les Etats-Unis. De plus les dernières images de KIM Jong-un, apparaissant riant face à une carte du nord-ouest du Pacifique pendant qu’était effectué le tir du missile, alimentent cette inquiétude. D’autant que la justification au tir de missile de la part de l’ambassadeur de la Corée du Nord auprès de l’ONU est la suivante : « le droit à l’autodéfense » face aux menaces des Etats-Unis à leur égard. Comme nous l'évoquions plus haut, KIM Jong-un a d’ores et déjà déclaré que le tir de ce 29 août ne constituait qu’un préambule et prévoit d’autres tirs au-dessus du Japon comme dans la région du Pacifique.

 

Suite au dernier tir de missile, le Président américain Donald TRUMP répondait : « toutes les options sont sur la table », signifiant la possibilité d’une réponse militaire. Quant à Shinzô ABE, il a fait savoir via un communiqué de presse que « nous prendrons toutes les mesures possibles pour protéger pleinement la vie des Japonais ».

 

Sources : Asahi Shimbun, Mainichi Shimbun, The Japan Times, ONU, site officiel du Premier ministre du Japon, France Info.

Photo : la trajectoire du missile lancé par la Corée du Nord le 29 août diffusé sur la TV nippone, via Mainichi Shimbun.

 

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