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« Êtes-vous sûr(e) de l'exactitude de votre savoir ? » par KaoRi, ancienne muse d’ARAKI

« Êtes-vous sûr(e) de l'exactitude de votre savoir ? » par KaoRi, ancienne muse d’ARAKI

Yuuki K 15:31 - 22 mai 2019

Le nom de KaoRI ne vous dit peut-être rien mais son visage est connu de nombreux amateurs de photographie puisqu’elle était une des muses d’ARAKI entre 2001 et 2016. En avril 2018, elle dévoilait sur son blog avoir été victime de mauvais traitements de la part du photographe. Elle nous a autorisé à traduire son texte et à le publier sur Japan FM.

« Il y a quelques temps, les gens parlaient sur les réseaux sociaux de l’exposition ARAKI au Museum of Sex de New York. J’avais beaucoup de choses à dire, mais il était important pour moi de prendre mon temps pour exprimer quelque chose de si important et j’ai donc raté le bon moment. Ça a été beaucoup plus difficile que je ne l’avais imaginé de me replonger dans un passé que j’avais laissé derrière moi et j’ai décidé d’affronter la vérité. Je ne voulais pas tout renier seulement à cause de ma colère, ni crier au monde que toute ma vie avait été gâchée à cause de lui. Je voulais connaître nos sentiments respectifs, nous comprendre et finir en bons termes. Finalement, j’ai compris que nous resterions toujours dans l’incompréhension mais je pense pouvoir dire que je suis en paix avec moi-même.

 

A une époque où des artistes comme Mario TESTINO (j’en parlerai une autre fois), Terry RICHARDSON, KIM Ki-duk, Lars VON TRIER, Woody ALLEN et TARANTINO sont accusés, des journalistes étrangers se sont vraiment intéressés à cette exposition d’ARAKI ainsi qu’à la relation entre photographes et modèles. Certains d’entre eux se sont souciés de moi en se doutant que je ne pourrais justement pas en parler dans la crainte que je ne sois dénigrée par la société japonaise comme Shiori-san. J’ai également trouvé des articles me décrivant comme « sa partenaire actuelle et sa muse. ». C'était pénible de vivre dans une telle situation d'incertitude et confusion, c'est pourquoi malgré ma grande frayeur, j'ai décidé de l’écrire avec mes propres mots. Néanmoins, je présente mes excuses aux passionnés  de photographies si cela vous déçoit. Que vous croyiez en mon histoire ou non, sans parler du mouvement Me Too, si mon récit peut vous servir à regarder son art avec une autre perspective, je m’en contenterais. C’est ainsi que je vois mon rôle. Cela va être un peu long. Cette histoire est celle d’une période de ma vie passée auprès d’un artiste qui recevait chaque jour des visites de célébrités internationales qui lui disaient « Tu es mon héros ! ».

 

J’ai été modèle pour ARAKI de 2001 à 2016. Durant tout ce temps, notre relation n’était que celle d’un photographe et d’un modèle ; nous n’avons jamais été amants. Je ne suis jamais allée chez lui et je n’ai jamais tenté de détruire sa vie privée. La photo ci-dessus (ndla : celle qui illustre cet article) est celle où j’ai été photographiée pour la première fois. Je n’étais pas nue – j’imagine qu’il se sentait un devoir de considération pour ma première séance. Je suivais mon rêve de devenir danseuse et j’ai même étudié à l’étranger mais j’ai réalisé que je n’étais pas faite pour faire partie d’une compagnie de danse.  J’ai fait des allers-retours entre Tôkyô et Paris.

 

Via le blog de KaoRi

 

Ceci est une photo de moi quand j’étais jeune et que j’essayais de trouver un nouveau moyen de m’exprimer. C’était dans un studio à Roppongi, qui n’existe plus désormais, derrière Meiji-ya. Après cette séance, je dansais, posais nue, et portais des kimono dans ce studio. Quand nous étions en dehors du studio, je mangeais, dormais, prenais des bains, je dessinais... Il a commencé à me photographier sans rater un seul moment.

 

Au début, j’étais juste photographiée et je ne savais pas comment ces photos seraient utilisées. Avant, lorsque je travaillais avec des photographes à l’étranger, je signais toujours des contrats, je vérifiais les photos après la séance et je recevais quelques impressions. Je signais systématiquement un contrat lorsque les photos étaient publiées. Il y avait des clauses pour le droit à l’image. La première fois que j’ai posé nue, j’ai demandé au maquilleur à ce propos mais on me répondait « Araki ne fait pas ce genre de choses » et «  Ça se passe comme ça au Japon ». J’ai pensé que quelqu’un d’aussi connu qu’ARAKI ne me traiterait jamais de façon aussi misérable. Aujourd’hui je réalise que pour quelqu’un d’aussi célèbre qu’ARAKI, ne pas avoir de contrats est inhabituel mais j’étais si jeune et naïve. Ma plus grosse erreur a été de devenir trop amicale avec lui au point de ne pas pouvoir en parler. Je me suis sacrifiée en étant polie. 

 

Alors que j’étais seulement une de ses nombreuses modèles favorites depuis quelques années, soudainement j’étais devenue sa muse et j’ai commencé à assister à des vernissages, interviews et d’autres évènements publics, sacrifiant de plus en plus de mon temps. Sans en être informée, des photos de moi étaient publiées dans des livres et des DVD, avec mon nom en titre, vendus à travers le monde. J’ai fait tant de performances dansantes qu’il appelait « live shootings ». A part la maigre indemnité reçue pour les séances photo, je n’ai jamais été rémunérée peu importe le temps que j’ai sacrifié, peu importe le nombre de livres publiés avec mon nom. J’ai dû trouver d’autres manières de subvenir à mes besoins. C’était vraiment très difficile. Néanmoins, c'était embarrassant de parler d’argent en tant qu’artiste. Mais c'est en surpassant ça qu'on peut donner la meilleure expression. Je ne savais pas quoi lui dire. J’ai commencé à croire en sa philosophie de « Photographie personnelle (Shishashin) » selon laquelle « les photos décrivent les relations (ndla : entre le photographe et un proche) », « Amour » et « Muse » et j’avais le sentiment de contribuer à son art.

 

Mais en réalité, j’étais de plus en plus fatiguée. Quand je regarde en arrière, tout était excessif et extrême. Je devais faire des choses qui sortaient tellement de l’ordinaire, il devait y avoir une part de moi qui devait être pétrifiée pour avoir fait comme si c’était normal. Être la muse d’ARAKI et être moi-même étaient très différents. Quand j’y pense, ce n’était pas très sain d’avoir dissimulé mon vrai moi et vivre comme si je me cachais.

 

Pour garder cette image de son art ou peut-être parce qu’il aimait l’attention, il racontait des histoires sur moi à la télévision et dans des interviews pour des magazines, créant et vendant livres après livres sans que je ne le sache, leur donnant des titres comme « KaoRi Sex Diary » sans mon consentement, me faisant prendre des poses d’une manière extrême face au public, recevant tous les honneurs de mes performances.... Un jour je suis allée au studio pour ce que je croyais être une séance photo mais quand je suis arrivée, c'était lui qui était photographié et je devais poser nue devant des étrangers. C’est arrivé plus d’une fois. Même lorsque je lui disais que je ne voulais pas le faire, il me répondait, « Ils ne sont pas là pour te photographier, ils sont là pour moi. » J’étais, malgré moi, dans une situation où je ne pouvais pas dire non. Par ailleurs, j’étais constamment victime de harcèlement quotidien et de traque, de fausses vidéos de moi se propageaient sur internet et mes amis croyaient en ces mensonges. Toute cette anxiété m’a fait m’évanouir dans la rue à plusieurs reprises, et il m’est même arrivé de penser que l’on m’assassinerait si je fermais les yeux. Il y a eu des jours où j’avais peur pour ma vie. Quand cela m’arrivait, je demandais à ARAKI d’améliorer mes conditions de travail mais il répondait systématiquement « je ne sais pas », « j’ai oublié », « je n’ai jamais dit ça », « je n’ai rien à voir avec ça », « l’éditeur a écrit que », ou encore « je n’ai ni téléphone ni ordinateur donc je ne suis pas au courant. C’est de ta faute si tu regardes. C’est de ta faute si cela t’impacte. » Il niait toute responsabilité et j’étais seule pour affronter ma vie brisée. J’avais le sentiment qu’il s’imposait à moi -une personne dont il ne se sentait pas responsable- ce que sa femme avait fini par accepter.  

 

Le temps passant j’ai commencé à voir qui il était vraiment : quelqu’un qui veut paraître bien aux yeux des autres mais qui, en fait, n’en a rien à faire de ses proches. Comme il le dit publiquement, ARAKI veut juste prendre des photos et se fiche complètement de ses sujets. Cela m’a pris du temps pour comprendre que ses photos sont en réalité « fausses ». Tiraillée entre l’envie de partir et la pensée que rien ne s’arrangerait même si je m’en allais parce que ma voix n’avait pas d’importance, j’ai commencé à croire que je devais être sa muse jusqu’au bout. Une partie de moi avait aussi envie de croire jusqu’à la fin en la personne en qui j’avais eu un jour confiance. Le voyant changé par sa maladie, j’ai également probablement dû développer des sentiments complexes à son égard.

 

Parce qu’ARAKI racontait publiquement que j’étais « une femme mystérieuse qui ne fait rien », j’ai été tourmentée dans ma vie privée par des harceleurs pendant un long moment. Les gens me suivaient, s’introduisaient chez moi pour voler des photos, fouillaient dans mes poubelles et laissaient d’étranges mots dans ma boîte aux lettres. Lorsque j’ai dû déménager dans un lieu plus sécurisé, il m’a dit « C’est de ma faute ? N’y a-t-il pas erreur ? Comment peuvent-ils entrer chez toi sans clé ? ». Il ne me croyait pas et me donnait un peu d’argent. Je ne pouvais pas aller voir la police alors j’ai dû engager un détective et déménager par mes propres moyens. Le poids du stress mental et financier devenant de plus en plus lourds à porter, des symptômes physiques ont commencé à apparaître, et j’ai eu peur de finir par tomber gravement malade.

 

J’avais le sentiment de ne plus pouvoir continuer à vivre ainsi, peu importe ce que pensaient les autres, alors j’ai cessé de prétendre être « mystérieuse » dans ma vie privée. Je voulais mener une vie privée dissociée de cette autre vie. Une fois mon plan en route, ses mots et ses actions insouciants ont encore une fois détruit ma vie. Parfois, il me décrivait comme quelqu’un d’important dans sa vie, m’appelant « ma femme » et disant « je ne peux pas mourir tant que j’ai ma muse ». D’autres fois il m’appelait une « prostituée » ou « une femme qui ne mérite pas qu’on lui achète une maison » racontant « je ne sais rien de sa vie privée ». Un jour j’attendais avec impatience un tournage pour la NHK où on m’a demandé d’apporter ma robe bleue car « la NHK ne peut montrer des corps nus ». Cependant, le moment où il a exposé mes seins en disant « j’espère que la NHK montre des nichons » fut la scène finale et c'est ce qui a été diffusé avec mon profil. L’influence de cette chaîne nationale a été très, très puissante.

 

Selon la communication du média, tout ce que fait un artiste célèbre est justifié et glorifié. J’ai perdu confiance en leur jugement.

 

D’après sa longue carrière et surtout l’expérience d’avoir photographié sa femme, il aurait dû comprendre que les femmes changent avec le temps et peuvent décider « je ne veux plus être photographiée. Je ne veux plus être exposée au public. ». Mais il n’a jamais pris en compte que son nom et ses actes avaient un impact international, et que cet impact me blessait. Il continuait à me traiter comme un objet et n’a jamais une seule fois essayé de changer son attitude.  

 

En février 2016, ma patience avait atteint ses limites et je lui ai envoyé une lettre demandant à améliorer mes conditions de travail. Il m’a simplement appelé en me disant, « je te recontacterai » et m’a ignoré durant des mois. A un certain stade, il m’avait interdit de l’appeler mais quand finalement j’ai cédé et que je l’ai contacté, il a accepté de me revoir seulement pour revenir sur sa promesse et se mettre en colère. Il a fait un document sur lequel il y avait mon nom et dans lequel il était indiqué, « je consens à ne jamais diffamer ni entraver le travail d’Araki LLC » et je devais le signer. Après qu’il ait lu tout le document à haute voix et que j'ai entendu mon nom à la fin, j’avais vraiment l’impression d’être acculée. J’avais l’impression de devenir folle. J’ai refusé de le signer, encore et encore, mais il m’a menacé en me disant, « je suis malade alors montre un peu de compassion », « si tu le ne fais pas je ne serais pas capable de continuer », « ne dépasse pas les bornes ». Prise de pitié, j’ai été contrainte de signer le document. C’est ainsi que toutes mes séances photos de juin 2016 ont été annulées et que j’ai été virée de mon rôle de « muse ». Il m’a simplement demandé de disparaître. Après ça, j’ai reçu une lettre de la représentante de Araki LLC. Celle-ci se terminait par « j’espère que vous continuerez à être notre meilleure muse ». Après tout ce qui s’était passé, après m’avoir laissé mourir seule, je ne pouvais pas pardonner ces mots. J’ai envoyé cette lettre à ARAKI et tenté de lui faire admettre que sa société avait aussi contribué à mon harcèlement. Bien évidemment, comme d’habitude, je n’ai reçu aucune réponse. Je m’étais dit qu’il était seulement jaloux, mais avec personne à mes côtés, j’avais l’impression d’être martyrisée. J’ai perdu toute ma dignité. A ce jour, quand je vois que des photos de moi sont toujours utilisées pour des expositions, cela me rappelle cette époque.

 

Dans le monde de l’art, les vies des muses sont mythifiées et transformées en belles mais tragiques légendes. Je commençais à croire que ma contribution à son art était de mourir en  muse mystérieuse et solitaire. J’ai sérieusement pensé au suicide. J’avais prévu un calendrier et avais commencé à agir dans ce but. J’avais ouvert un compte Instagram pour me servir. J’y étais presque. Jusqu’à ce qu’une de mes étudiantes de ballet, elle-même écrivaine, décède soudainement. Cela a été annoncé comme un décès mystérieux. Il est trop tard pour savoir exactement de quoi elle est morte mais lorsque j’ai lu son blog, j’ai découvert les mots exacts pour décrire mes sentiments. Je ne pouvais plus m’arrêter de pleurer. Cela peut paraître inapproprié mais c’est à ce moment que j’ai pris conscience. En sa mémoire, j’ai pensé que je ne pouvais laisser ce monde être un lieu pour davantage de morts mystérieuses et anormales, un lieu pour des suicides injustes. Pour les personnes concernées, il n’y a pas de « mystère ».

 

A cette époque, chorégraphier, danser pour elle et refouler mes émotions étaient la seule chose que je pouvais faire. Juste au moment où je pensais être capable de contrôler mes émotions, le mouvement Me Too a commencé aux Etats-Unis. Quand j’ai appris ce qu’était le mouvement, j’ai pris conscience que je n’avais plus besoin de me dévouer à ses mensonges et j’ai demandé conseil tous les jours auprès de la police, des avocats et autres professionnels. Une partie de moi voulait laisser mes émotions dominer et crier, mais étant donné ma relation avec ARAKI il était important que je fasse attention. Il était très douloureux de voir ma naïveté, mon amour et ma compassion jugés par d’autres personnes de leur regard calme et objectif. J’ai appris qu’il avait accepté par le passé les requêtes d’autres modèles d’arrêter d’exposer leurs photos, je pensais alors ne pas vouloir que mes photos ne soient plus jamais montrées, mais qu’il devrait y avoir des règles et qu’il devait reconnaître qu’il était allé trop loin. Je voulais l’opportunité de discuter. Grâce à un avocat, j’ai finalement pu faire cette requête à la mi-février cette année.  

 

La réponse que j’ai reçu en mars était entre autres mots, « je t’ai seulement pris pour modèle car tu es un jour venue à mon bureau en demandant à être photographiée. Le Shishashin est une forme unique d’expression reconnue par les critiques et il n’y a pas d’aspects commercials dans cette relation. Par conséquent, il ne peut y avoir aucune règle ou accord. C’est à toi de décider. Autrement mon art ne pourrait exister. C’est pourquoi il n’est pas question « d’aller trop loin ». Je n’ai pas besoin de discuter de l’avenir de ces photographies. ». Pour couronner le tout, il a dit « je ne veux pas avoir d’échanges hostiles par écrit, je veux une discussion pacifique en personne. Cependant, j’ai complètement perdu l’envie que tu sois de nouveau mon modèle. ». Après m’avoir totalement rayé de sa vie, il me répond avoir perdu toute volonté de faire de moi son modèle. Il a ignoré toutes mes lettres personnelles au point que j’ai dû faire appel à un avocat et malgré ça, ce Shakyo Roujin (vieil homme obsédé par la photo) continuait à pulvériser mes sentiments. C’était bien plus que bizarre, c’était pathétique. Je n’ai jamais reçu de réponse non plus de la part de la représentante.

 

J’ai passé 16 ans à être modèle et je n’avais rien construit. Je n’avais rien. J’ai finalement compris et accepté que c’était parce que mon rôle n’avait aucune substance. Je pense aussi avoir véritablement compris les photographies d’ARAKI. C’est moi qui avais interprété ma définition du Shishashin et qui l’a autorisé à me manipuler. J’étais également responsable d’avoir trop travaillé en croyant contribuer à son art. J’ai senti qu’il n’y avait pas lieu de discuter avec une personne qui refuse de voir à quel point ses actions blessent les autres. C’est pourquoi je voudrais que mon échec soit une inspiration pour l’avenir et pour d’autres personnes sur le point de changer mais aussi encourager les personnes qui traversent une expérience semblable à la mienne. J’ai été encouragée par tant de récits #metoo. Je ne veux plus qu’aucun modèle se réfugie derrière le masque de l’art, tout en étant blessé dans l’ombre. Je voudrais aussi que soit saisie l’opportunité d’une réflexion sur l’art de la photographie. Il m’a fallu jusqu’à aujourd’hui pour vraiment ressentir la terreur de la photographie, une forme d’art, qui, une fois que l'objectif vous capture, ne disparaîtra jamais même après votre mort.

 

Grâce au développement des réseaux sociaux, nous vivons désormais dans une ère où la passion peut mener vers des opportunités professionnelles. Je vois beaucoup le mot-dièse #ModelsWanted. C’est formidable de pouvoir transformer votre passion en profession, mais la réalité est que vous devez aussi vous protéger. Il y a tant de modèles freelances tout comme des personnes qui veulent juste tenter leur chance. Si cela vous arrive, l’existence d’un contrat vous sera très importante. C’est comme ça que des actions légales peuvent être possibles. Peu importe à quel point vous êtes amical avec le photographe, ne faites pas de compris sur un contrat qui vous contentera tous les deux. Aussi, gravez dans votre mémoire que peu importe à quel point vous travaillerez dur comme modèle, au final, les photos appartiennent au photographe.

 

Ceci est le livre qu’ARAKI m’a offert quand j’étais sur le point de craquer à cause de tout ce stress, le jour de ma dernière séance photo. « C’est ton cadeau d’anniversaire ! » m’a-t-il dit.

 

Photo du livre via le blog de KaoRi

 

Photo du livre via le blog de KaoRI, dans lequel est Araki dit : « Tout ce que j’ai toujours enseigné est le respect de l’ancienneté, l’honneur et la misogynie (rires). Je n’ai pas enseigné la photographie (rires) ».

 

Je tournais les pages du livres en terminant de me maquiller et je suis tombée sur cette citation. Penser que pendant 16 ans j’ai travaillé avec quelqu’un qui peut dire quelque chose comme ça à son âge et à notre époque, et en rire, et que je l’ai laissé faire... ça m’a rendue malade. A y réfléchir, j’étais vraiment engloutie par cette mentalité de « ancienneté, honneur et misogynie ». Je perdais pieds. Je lui rends ses mots à travers le titre de ce billet.

 

C’est un peu décevant de terminer cette relation avec une personne qui m’a montré un nouveau monde et que j’ai respecté d’une certaine manière. Cependant, vieillir et gagner en expérience ne vous place pas au-dessus des autres. Aujourd’hui, j’apprécie d’avoir beaucoup appris à travers ce mauvais exemple et je travaille consciencieusement à créer un meilleur avenir grâce à mes erreurs.

 

La mythologie, la taille de notre univers ... La vérité est toujours faite de contradictions.

 

A partir de maintenant, je veux vivre ma vie en croyant en moi et en chérissant chaque jour.

 

Beaucoup d’entre vous commencent une nouvelle vie. Quelque soit votre travail, si vous avez l’impression que quelque chose cloche, n’hésitez pas à douter, à y réfléchir, et parlez-en et mettez de la distance. Si vous êtes dans un milieu perverti, vous serez englouti(e) et vous ne serez pas capable de prendre de bonnes décisions. Croyez aux réactions de votre corps et ne vous mentez pas à vous-même. N’ayez pas peur parce que vous êtes jeune. Croyez, je vous en prie, que vous appartenez à une génération qui créera de nouvelles valeurs. Même si les choses ne se déroulent pas comme prévu, ce ne sera pas la fin du monde. En mettant un pied dehors, un monde totalement différent vous attendra. Même si vous voulez parfois blâmer les autres, c’est une perte de temps. Si cela devient vraiment grave, partez seul(e) en voyage. Pendant ce temps vous verrez les choses d’une autre manière, vous pourrez changer votre douleur en quelque chose de bien et un jour, votre expérience vous servira. Ça peut vous être plus facile si vous voyez une crise comme une opportunité. Si vous changez et que d’autres personnes voient ce changement, vous pouvez contribuer à améliorer la société. Ce sera un petit changement, mais croyez en ce changement.

 

Si vous êtes en position de force, ayez s’il vous plaît conscience de vos forces mais aussi de vos faiblesses. Vous pourriez imposer vos faiblesses à vos subordonné(e)s sans même vous en rendre compte. N’interrompez pas ce que les personnes moins bien placées ont à dire et écoutez-les jusqu’au bout. De nos jours, admettre que vous avez tort et vous excuser n’est pas considéré comme une mauvaise chose. Ne rejetez pas la jeunesse et la nouveauté juste parce que vous êtes dans le confort. Efforcez-vous s’il vous plaît à une relation complémentaire en vous soutenant les uns et les autres.

 

J’espère que le monde deviendra un endroit où nous pourrons tous nous respecter, quelque soit notre statut.

 

Bien vivre est la meilleure des revanches.

 

KaoRi. »

 

Aujourd’hui, KaoRi a déménagé dans un pays étranger pour refaire sa vie, tout comme Shiori ITO s’est expatriée pour fuir le regard critique de la société japonaise. Lors de nos échanges par mail, KaoRI nous explique qu’après avoir publié son billet, elle a recontacté Nobuyoshi ARAKI qui lui a demandé, furieux, de ne plus jamais le contacter et qu’il ne souhaitait plus la voir. Elle nous indique que plusieurs journalistes ont essayé d’avoir une réponse du photographe, sans succès. Elle n’a aujourd’hui plus du tout de contact avec lui. KaoRi apprécie néanmoins toujours les œuvres passées du photographe mais que « son regard sur [celles-ci] a beaucoup changé, plus objectif ». Malgré cette douloureuse expérience, elle reste fière d’avoir été une de ses muses, et loin d’avoir de la rancœur envers le célèbre photographe, elle considère cette expérience passée « comme une leçon de vie »

 

Le texte original de KaoRi, cliquez ici.

 

Photo : via le blog de KaoRi

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